Algérie : « Des élèves de 5e AP qui ne savent ni lire ni écrire »

Éducation – Le Satef réclame la nécessité de joindre à la décision d’annulation de l’examen de 5e AP des mesures complémentaires qui soit une alternative. Le but est d’élever le niveau et réduire le taux de redoublement des élèves en Algérie et atténuer les cas de dyslexie et dysgraphie. Voici tout, ce 24 novembre 2021. 

Boualem Amoura, Président du Syndicat autonome des travailleurs de l’Éducation et de la Formation, a déclaré à Echorouk que le Satef soumettra au ministère de l’Éducation nationale un ensemble de propositions sur la manière d’évaluer en Algérie les élèves de cinquième année primaire à l’avenir. Cela après que la décision d’annuler l’examen de fin de cycle primaire (5e AP) est entrée en vigueur.

Le Syndicat propose d’imposer la programmation de visites régulières et périodiques dans les écoles primaires. L’objectif est que les inspecteurs de l’enseignement primaire puissent identifier le véritable niveau des élèves en général. Et des élèves de cinquième année en particulier. Aussi, pour éliminer le phénomène des notes gonflées par certains des enseignants.

« Des enseignants qui ont vendu leur conscience au diable ». C’est parce que le constat fait dans les wilayas a confirmé qu’un grand nombre d’élèves passent en première année moyenne avec un niveau très faible. Il s’est avéré qu’ils ne savent même pas lire et écrire. Alors qu’ils sont censés avoir réussi leur examen de cinquième. 

Le Satef propose de passer au cribles le programme scolaire afin d’améliorer le niveau

Dans le même contexte, le syndicaliste a suggéré la nécessité d’inclure des cours de dictée et d’expression orale à partir de la deuxième année du primaire. C’est pour permettre à l’élève dès son plus jeune âge de communiquer avec ses camarades. Mais aussi avec sa communauté. Et avec sa famille.

Le but est également de commencer à pratiquer l’écriture correctement. Et pouvoir ainsi former des phrases complètes sans erreurs. Le Syndicat a aussi renouvelé sa demande de revoir complètement les livres de « deuxième génération ». Selon le Satef, ce sont « des livres qui ont produit une génération souffrant de difficultés de lecture et d’écriture ».

La preuve, selon l’organisation syndicale, est que les étudiants de première année ne commencent à découvrir les lettres qu’après deux mois complets d’entrée à l’école. Car la leçon des lettres est placée à la page 36 du livre de lecture (langue arabe).

Le classement des établissements aux examens officiels déplaît à l’organe syndical 

L’interlocuteur du média arabophone a également rappelé l’importance d’annuler le classement des des établissements scolaires selon les résultats des examens officiels. Notamment, aux CEM et lycée. Parce que les enquêtes ont révélé le phénomène de gonfler les notes des élèves par certains enseignants.

Telle chose afin d’obtenir de bons résultats leur permettant d’investir les premiers rangs, précise-t-il. C’est un phénomène devenu grave et difficile à éradiquer. Car il ne reflète pas le niveau réel des élèves. Beaucoup de ces derniers passent aux palliers supérieurs avec un niveau très faible. Il s’agit là encore des mêmes propos.

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