Algérie : Le désert pour assurer l’autosuffisance et la sécurité agricole ?

Algérie – Afin d’assurer la sécurité alimentaire et atteindre l’autosuffisance agricole, le gouvernement mise sur le développement et la modernisation de l’agriculture oasienne, exploitable dans le vaste désert algérien.

Face à la crise économique que traverse actuellement le pays; l’enjeu de l’équilibre alimentaire s’inscrit dans les priorités de la souveraineté nationale. Cela dit, pour assurer la sécurité agricole, l’Algérie compte exploiter son grand désert, et ce en modernisant l’agriculture saharienne; qui requiert une étude stratégique de l’hydraulique agricole. 

Dans ce contexte le Dr Mohamed Bouchentouf, ingénieur-docteur en agronomie a expliqué lors d’un entretien accordé au quotidien algérien, Liberté; et rapporté dans édition de ce 06 août; qu’afin de « bien maîtriser, protéger et assurer le développement de l’agriculture oasienne; l’exploitation des réserves en eaux souterraines; doit être effectuée de manière à économiser et utiliser efficacement cette ressource rare, coûteuse et non renouvelable ».

Toutefois, l’expert agronome a reconnu qu’en effet, l’opération de développement de l’agro-industrie au sud du pays; nécessite des financements conséquents et des ressources énergétiques et hydriques considérables. Selon lui, l’hydraulique agricole ne repose pas sur l’exploitation minière de l’eau, mais plutôt sur l’aménagement des terroirs agricoles; axé sur la pratique d’une irrigation raisonnée, tout en évitant le gaspillage des nappes phréatiques. 

Agriculture Saharienne : « Repenser la stratégie de l’hydraulique agricole est plus qu’impératif »

L’exploitation de l’agriculture oasienne rencontrent plusieurs problèmes; dont « le dérèglement climatique conjugué à une surexploitation des nappes; alors qu’il est possible de l’utiliser uniquement par la plante à travers un support de culture en bonne santé ». Ainsi, l’on peut éviter la baisse de la pression des nappes; a relevé l’ingénieur en agronomie.

Ce dernier poursuit en signalant que la remontée des eaux souterraines; la dégradation de la qualité des eaux et la réalisation des puits sans autorisation; favorisent également la gestion anarchique de cette ressource. Cependant, pour mieux gérer cette dernière, il est recommandé de créer un modèle agroécologique; bâti sur des exploitations de petites et moyennes tailles et qui associe à la fois les défis économiques et les enjeux liés à l’économie d’eau.

Selon l’intervenant, l’agriculteur doit savoir gérer la demande en eau de son plan de culture; et connaître, pour chaque espèce particulière, ses besoins en eau; l’époque la plus favorable de son irrigation, le nombre optimum des arrosages, leur durée, ainsi que la profondeur à laquelle l’eau doit pénétrer.

Exploitation du Grand Sud Algérien : Un levier phare pour l’autosuffisance agricole

Par ailleurs, notre source a indiqué que dans sa politique économique, l’État compte mettre en place, au niveau d’une université du Sud, un institut spécialisé dans l’agriculture saharienne. Ceci en faisant appel à la coopération internationale avec les partenaires étrangers qui ont acquis une expérience avérée dans le domaine. 

En outre, l’introduction du système d’économie d’eau, ainsi que la révision de la gestion actuelle des doses d’eau appliquées aux cultures vont permettre, de limiter le gaspillage des eaux d’irrigation et réaliser d’importantes économies d’eau à l’avenir tout en augmentant les productions; a conclu le docteur en agronomie.

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