Algérie : Quelles leçons tirer de la crise sanitaire du Coronavirus ?

Algérie – L’économiste Mouloud Hedir a préconisé aux autorités, dans un entretien accordé au quotidien national Liberté, de tirer les leçons de cet événement brutal dans le but de mettre en œuvre des réformes profondes.

La crise sanitaire, selon les dires du spécialiste, attire davantage l’attention sur notre “système de production” fragilisé par la manière abusive que nous avons adoptée depuis déjà des décennies en matière de réponse “aux besoins de la population” et qui opte en premier lieu et presque exclusivement pour le recours à l’importation.

En outre, d’après les mêmes propos, la pandémie nous renseigne encore mieux sur la profondeur gigantesque du problème relatif à la dépendance de l’économie nationale aux recettes des hydrocarbures. La diversification de cette économie a toujours été irrémédiablement nécessaire et extrêmement urgente, mais à présent le fléau épidémiologique accentue grandement le caractère irrémédiable de ladite nécessité, et celui extrême de l’urgence en question.  

Le spécialiste en économie, qui est également expert des politiques commerciales, et ancien directeur du commerce extérieur au ministère du Commerce, a souligné l’obligation, vue la situation très bientôt insoutenable, d’introduire des changements dans le domaine du commerce extérieur. De tels changements sont considérés par lui comme étant plus que jamais impératifs.

Une crise qui ne permet plus de se voiler la face

“La structure des échanges” et “les relations bilatérales avec les principaux partenaires”, ainsi que “les accords commerciaux qui lient l’Algérie à certaines zones économiques” doivent être étape par étape transformés dans leur fond, a-t-il suggéré pour entre-autres atténuer le déficit contenu dans un intervalle de 20 à 30 milliards de dollars par an, et qui frappe la balance des paiements.

De pareilles transformations sont censées doter “notre politique commerciale extérieure” des paramètres fondamentaux qui lui font terriblement défaut, à savoir l’ordre et la cohérence, a expliqué l’orateur juste avant de préciser que cela ne profitera pas seulement aux acteurs internes, mais aussi à tous “nos partenaires” étrangers, à l’image de la Chine, l’Union européenne, ou les Etats-unis.

Les réformes similaires à celles du « ciblage des subventions », de « la révision graduelle des prix des produits de base », ou de « l’ajustement du taux de change » et qui à chaque fois sont repoussées, ne peuvent plus supporter ce sort qu’on s’est accoutumés à leur réserver ça fait des années maintenant, en les renvoyant perpétuellement au second plan du paysage économique de notre pays. La conjoncture actuelle ne tolère plus une telle mise à l’écart, a avertit l’expert qui par nous fait comprendre qu’il n’est plus possible de faire l’autruche.

Pour rappel, ce n’est pas la première fois, depuis la chute des cours du brut, que Hedir a recommandé fort la réforme intégrale de notre politique commerciale extérieure, mettant en garde au passage contre sa limitation à la simple gestion des importations, mais il s’est déjà ouvertement exprimé dans ce sens.  

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