Algérie : Nouvelle crise au sommet de la justice algérienne

Algérie – Une nouvelle décision de l’Inspection Générale de la Justice a suscité la polémique auprès du Syndicat National des Magistrats.

En effet, une crise inédite vient d’éclater entre le Syndicat National des Magistrats (SNM) et l’Inspection Générale du Ministère de la Justice. À l’origine du conflit, une note de travail émise par l’inspecteur du ministère de la Justice et adressée aux magistrats, où ce dernier critiquait certains verdicts rendus par les juges, les qualifiant de « non fondés »; rapporte le média arabophone El Bilad.

Scandalisés par la note de l’inspecteur qui insinuait que les jugements rendus étaient « en contradiction avec la loi en vigueur », les magistrats sont rapidement montés au créneau estimant que ladite instruction « interférerait avec leur travail ».

Outre les reproches formulés dans la note, l’inspecteur général a indiqué le numéro de fax de son bureau, appelant les magistrats à lui envoyer les copies de leurs décisions judiciaires via ce numéro, préservant ainsi la confidentialité de leur identité; précise de son côté le média arabophone Ennahar.

Le SNM « radicalement opposé » à l’instruction

En réponse à ce mémorandum, le SNM a immédiatement réagi en exprimant son opposition radicale, qualifiant cette évaluation des décisions judiciaires, « d’une grave violation de la constitution et une transgression du principe de séparation des pouvoirs, reflétant l’insistance du pouvoir exécutif à s’immiscer dans le travail de l’autorité judiciaire », indique le site Sabq Press.

Dans ce sens, le SNM a appelé tous les magistrats de la république à refuser de prendre en considération cette note de service et a ordonné les juges à ne pas la respecter, estimant que l’inspecteur général du ministère de la Justice « n’a pas le droit de s’installer comme un organe judiciaire qui évalue les jugements, car il n’est qu’un employé du ministère de la Justice ».

La réponse du SNM, a conclu en demandant le retrait immédiat de ce mémorandum de la part du ministère de la Justice, considéré comme une « offense à l’institution judiciaire dans son ensemble », précise la même source.

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