Algérie : « Criminaliser la colonisation française », des députés lancent une campagne

Algérie – Quelques jours après la parution d’un rapport sur la colonisation française du pays (1830-1962), plusieurs députés algériens ont lancé une campagne populaire pour un million de signatures criminalisant ce passé colonial. 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la notion de crime contre l’humanité a été établie. Elle s’est imposée comme une nécessité de reconnaître les souffrances imposées aux peuples anciennement colonisés. Ce concept est notamment applicable à notre histoire. À cet effet, plusieurs députés ont lancé une campagne populaire criminalisant la colonisation française en Algérie. 

En effet, les parlementaires algériens ont commencé la campagne de collecte d’un million de signatures. Cela, afin de faire pression pour la promulgation d’une loi nationale relative à la criminalisation du colonialisme français (1830-1962). Cette campagne a été déclenchée suite à la parution d’un rapport portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie. Le quotidien francophone DIA relate l’information.  

Le rapport en question est paru le 20 janvier suite aux recherches de l’historien français Benjamin Stora. Ce dernier l’a immédiatement remis à son président Emmanuel Macron. Dès lors, ce compte rendu fait l’objet de nombreuses critiques de la part des Algériens. Ces derniers dénoncent le reniement des crimes coloniaux durant les cent trente-deux ans d’occupation française. 

Passé colonial de la France : Députés algériens indignés 

Certes, les deux pays entretiennent des rapports humains, culturels, linguistiques, politiques et économiques. Ils ont réussi à relativement dépassionner les relations. Cependant, cela est encore loin d’être suffisant pour normaliser les relations entre la France et l’Algérie

Effectivement, pour mettre les choses plus au clair, Belarbi Kamal a accordé un entretien à l’Agence turque Anadolu. Le membre de la Première Chambre de l’APN a précisé que la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux reste son affaire nationale.

Le but de sa campagne est de récupérer les droits perdus des victimes des atrocités coloniales. Selon le parlementaire, l’Algérie doit regagner ce qui lui est dû. À savoir, les archives et les compensations financières, souligne l’intervenant. 

En sus, le député a affirmé que cette initiative populaire a été lancée dans différentes villes du pays. « Elle prendra le temps qu’il faudra pour recueillir des signatures via un formulaire papier », insiste Belarbi Kamal. Un million de signatures suffisent donc pour transmettre le message du peuple au gouvernement et à l’autorité législative. C’est en effet ce qu’a affirmé un député de la majorité. 

Quid des chefs d’État ?

Il convient de rappeler que les présidents Abdelmadjid Tebboune et le Français Emmanuel Macron avaient précédemment convenu de nommer deux historiens. Cela dans le but de réconcilier les mémoires divergentes. Abdelmadjid Chikhi représente donc l’Algérie. L’historien Benjamin Stora, pour sa part, représente la France. 

Plusieurs responsables français ont répété à maintes reprises la nécessité pour l’Algérie de tourner la page de la colonisation. Mais le pays demande à Paris une reconnaissance officielle. Dans le cas contraire, les Algériens seront dans l’impossibilité de normaliser les relations franco-algériennes.

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