Algérie : une banque avec le Fonds de la Zakât pour des crédits Halal aux chômeurs ?

Algérie – Le Haut conseil islamique (HCI) et le ministère des Finances entament une réflexion et préparent un nouveau projet : la création d’une banque de garantie, au profit des jeunes en difficultés d’insertion professionnelle, par le Fonds de la Zakât. 

La finance islamique incarne la première stratégie portée par le gouvernement algérien pour la réalisation des objectifs de développement socio-économique durable, notamment des jeunes vulnérables. Sans perdre de vue son but primordial, il commence à arrimer cette thématique à sa politique. Une banque alimentée par le Fonds de la Zakât, spécifiquement dédiée à la jeunesse, s’apprête en effet à être lancée en Algérie. 

L’étude est en cours de réalisation. Elle tend non seulement à réduire le taux de chômage, mais aussi à accroître la productivité et tirer davantage parti de l’ouverture de l’économie. Elle tourne autour de la mise en place d’un établissement financier qui consistera à faire de la Zakât un outil de solidarité et de financement pour les jeunes sans-emploi. Cette banque accordera un prêt personnel à toute personne en situation d’inemploi. 

Elle accompagnera et épaulera donc tout concerné dans la création de sa propre entreprise petite ou moyenne (PME). Le tout dans un régime de finance islamique conforme aux principes et lois religieux. Soit la Mourabaha, la Moucharaka et d’autres services financiers disponibles. Il s’agit là de ce que relate Echorouk. L’information que nous reprenons ici, ce 16 août 2021, paraît dans son édition de dimanche. 

Le Fonds national de la Zakât : outil protéiforme au centre de la politique de l’emploi 

Un groupe d’experts financiers et administratifs a été élu par le Haut conseil islamique (HCI) et le ministère des Finances. Sa mission est d’étudier en profondeur le projet et adopter les formules adéquates de manière à convaincre le Premier ministre de donner vie à cette idée. Celle de la mise en place d’une banque islamique entièrement vouée aux jeunes citoyens modestes refusant tout prêt usuraire.

Un concept de financement de projet que soutient Mahmoud Kaoubi. « Financer les jeunes par le Fonds de la Zakât ouvrira la voie à la création de petites et moyennes entreprises. Le projet représente une réelle solution au problème du chômage ». C’est ce dont s’est réjoui l’analyste économique dans les colonnes du quotidien susvisé. En revanche, le spécialiste semble moins emballé à l’idée de créer un établissement financier autonome

Mohamed Kaoubi opte plutôt pour l’ouverture de nouveaux guichets, dédiés à ce type de prêts bancaires. « Ça permettra de maintenir un contrôle sur les dépenses, à défaut d’embaucher des salariés en plus et concevoir un siège ». C’est ce qu’a en outre expliqué le même locuteur mettant l’accent sur la nécessité d’instaurer la confiance entre la banque et le client. 

Selon lui, cet établissement de crédit devrait inclure uniquement les payeurs de la Zakât comme superviseurs. Cette stratégie, souligne-t-il, permet de promouvoir les services bancaires que proposera cette banque. « L’intégration de techniques modernes, telles que la carte de paiement électronique, sera inévitable si on escompte faire régner un climat de concorde entre les deux parties ». C’est ce qu’a en somme stipulé Kaoubi.  

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