Algérie : Comment expliquer l’absence de bureaux de change de devise ?

Algérie – Des ex-gouverneurs de la Banque d’Algérie ont expliqué les raisons qui freinent la l’ouverture des bureaux de change officiels.

La nature a horreur du vide. Il est évident que l’absence des bureaux de changes réglementés a contribué à la naissance et à l’amplification du marché informel des devises (marché noir) en Algérie.

Malgré les efforts déployés par la Banque d’Algérie (BA) depuis plus de 20 ans pour inculquer l’idée des bureaux de changes et atténuer l’impact du marché noir, la directive n’a malheureusement pas encore aboutie. Il est a rappeler que sur 46 bureaux de change agréés depuis 1997, seulement six (6) sont opérationnels aujourd’hui, selon le média économique Algérie Eco.

Hésitation des investisseurs

En effet, l’ex-Gouverneur par intérim de la BA, Ammar Hiouani, avait expliqué en octobre dernier, que jusqu’alors « aucune demande de la part des opérateurs concernant l’ouverture de bureaux de change n’a été émise à la BA », selon l’Agence de Presse Officielle APS.

De son côté, Mohamed Laksaci, ancien gouverneur de la BA, avait estimé, en 2016, que la faible rémunération offerte aux bureaux de changes fixées à 1% depuis 1997, participait à l’hésitation des investisseurs, a rapporté le site économique Algérie Eco.

En outre, Noureddine Ismaïl, ancien président de la Cosob, s’était étalé pour sa part, sur la frilosité des investisseurs concernant l’ouverture des bureaux de changes, estimant que la directive ne permet pas à ces derniers de vendre de la devise aux citoyens résidents en Algérie.

Directives non-incitatives

L’article 12 de cette instruction spécifie explicitement que « les bureaux de change ne sont autorisés à acheter et à vendre les billets de banque et les chèques de voyage libellés en monnaies étrangères librement convertibles qu’auprès de non-résidents », comme le précise le quotidien Liberté.

Une mesure qui pousserait forcément tout citoyen algérien résident sur le territoire national à s’orienter vers le marché parallèle en quête de devises étrangères. Contrairement à l’article 13, qui souligne que « les bureaux de change peuvent toutefois acheter tout montant en devises auprès des personnes physiques résidentes en Algérie ».

Soulignons à cet égard, que le « Square » est dans le collimateur du nouvel exécutif. En parallèle, de nombreux économistes et députés ont appelé le gouvernement à prendre des mesures afin de mettre un terme à l’activité du marché noir des devises en Algérie

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