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Algérie : Les 50$ milliards du marché noir qui freinent la Bourse d’Alger

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Bourse d'Alger marché noir
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Algérie – La Bourse d’Alger est dans une impasse financière sans précédent, menacée par une régression due aux 50 milliards de dollars qui circulent sur le marché noir.

Dans un entretien accordé au quotidien arabophone Echorouk, l’économiste et enseignant universitaire, Abderrahmane Aya, considère que plusieurs raisons sont responsables de la régression du marché financier officiel en Algérie, à savoir la Bourse d’Alger, qui peine à attirer les investisseurs et les entreprises publiques et privées.

Selon l’économiste, le premier facteur destructeur de la place financière algérienne n’est autre que l’absence d’une véritable volonté politique. Il a précisé, dans ce sens, que depuis la Bourse d’Alger, cette dernière a fait face à une idéologie économique défavorable au secteur privé, au processus de privatisation et au système économique capitalisme plus généralement. Il affirme que l’organisme financier en question a existé seulement sur papier et que toute mise à jour et modernité a été stoppée par la politique menée par les gouvernements successifs depuis sa création.

Dans le même ordre d’idées, l’intervenant impute l’échec de la Bourse d’Alger à la dépendance de l’économie Algérienne aux revenus des hydrocarbures qui se sont détériorés depuis 2014. Un contexte, qui selon lui, a découragé les opérateurs financiers à relancer les transactions et les entrées en bourse des entreprises privées en cotation boursière protéger les intérêts des actionnaires minoritaires, en se tournant vers d’autres modelés de financement.

Opacité financière et marché noir

Abderrahmane Aya point également du doigt, les 50 milliards de dollars qui circulent sur le marché noir, estimant que cette masse monétaire croissante qui somnole sur le marché noir est exacerbée par l’opacité financière qui marque l’économie du pays, ainsi que l’inexistence de la transparence et des contrôles fiscaux, ont participé grandement à la chute de la principale place boursière algérienne.

Ces conditions ont contribué, selon l’économiste, à la baisse de la capitalisation de la bourse, poussant les petites et moyennes entreprises (PME) à rester en dehors de cet organisme qui impose un contrôle financier. Des éléments dévastateurs transformant une institution financière à grands capitaux en organisme semi-abandonné, a regretté l’expert.

Soulignons à cet égard que dans un récent entretien accordé au quotidien El Watan, le président du Forum des Chefs d’Entreprises (FCE), Sami Agli, s’est insurgé contre les 80 milliards de dollars qui circulent sur le marché noir en Algérie, qui préconisant dans ce sens, à capter en urgence ces liquidités circulant dans l’informel.

« On parle de 50% de notre PIB. Je pense qu’on peut arriver à 80 milliards de dollars. Tout est dans l’informel. Notre vie quotidienne tourne autour de l’informel. », avait-il affirmé.

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