Économie

Algérie : 2 Lois de Finances Complémentaires 2020 pour éviter la crise ?

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Algérie – La situation de détresse suscitée par l’effondrement des cours de brut, induit par la propagation du nouveau coronavirus Covid-19, incite l’Etat à prendre mesures d’urgence, parmi lesquelles l’élaboration de deux projets de loi de finance complémentaires 2020, venant corriger les failles de la principale.

Dans son discours souvent de logique populiste, le gouvernement algérien a précédemment annoncé des mesures à la hauteur de l’attente de beaucoup de citoyens, sans pour autant se procurer les outils nécessaires à leur réalisation.

D’après notre source, on relève dans le sillage des promesses, dépassant largement le potentiel financier que compte actuellement le pays à son actif,  la suppression de l’impôt sur le revenu global (IRG) sur les faibles revenus, ainsi que l’allègement de la fiscalité ordinaire. La crise pétrolière, engendrée par la pandémie, ne vient que rajouter de l’huile sur le feu.

Alors qu’à la crise sévit, et à l’issue du dernier conseil des ministres, on a déclaré que Tebboune a pris la décision de réduire, de 10 milliards de dollars, les importations. Pour le professeur d’économie Brahim Guendouzi, avec qui s’est entretenu le quotidien national Liberté, cela est possible à concrétiser, parce-que d’une part il y a la crise sanitaire qui coupe nos liaisons avec nos plus gros fournisseurs, la Chine, la France, l’Italie et l’Espagne, et d’autre part  la volonté du ministère du Commerce de protéger avec plus d’envergure la la production nationale, en usant du droit de douane additionnel provisoire de sauvegarde et de l’élévation sensible du taux élargi à davantage de produits.

La même réunion est sortie également de la décision « de réduire de 30% les dépenses de fonctionnement dans le budget de l’État », à l’exception de la Santé et de l’Education nationale, et réduire celles de Sonatrach.

La première réduction est une mesure d’austérité qui viserait « les gaspillages et la bureaucratie », selon Guendouzi qui considère que le problématique de fond n’est reste irrésolue, car les dépenses publiques font toujours face à l’incapacité des finances de l’Etat, devant le problème du financement du déficit. La deuxième est jugée étonnante par l’économiste, en raison de position stratégique que tient Sonatrach et des divers défis qu’elle est encore appelée à relever.

PLFC 2020, théoriquement bénéfique ?

Le gouvernement algérien misait sur la remontée des cours du brut, dans une conjoncture où l’Arabie Saoudite et la Russie étaient sur la même longueur d’onde, et œuvrant pour un objectif commun. L’émergence de la pandémie du Coronavirus en brisant l’harmonie de ces rapports, a induit le marché pétrolier dans un tourbillon dévastateur. Donc, la vision planificatrice de l’Exécutif, dépendante des recettes des hydrocarbures et projetant de sortir de la crise, se voit sérieusement mise à mal, indique un article du quotidien national Liberté.

Dans une démarche, perçue par une partie des observateurs, comme tendant à trouver des alternatives dotées d’un maximum de souplesse, pour le pays qui affronte cette crise inédite, provoquée par les baisses drastiques, imputables à la pandémie du Coronavirus, du prix du pétrole, deux projets de loi de finances complémentaire 2020, sont en cours d’élaboration par le gouvernement Djerad.

La première est destinée à la rectification de certaines dispositions de la principale loi de finances, la seconde a comme rôle d’effectuer des ajustements budgétaires. Théoriquement, c’est bénéfique. Il reste aux responsables de trouver les moyens adéquats à la concrétisation de ses objectifs.

A mesure que la crise perdure, plus son incidence s’aggravera, surtout que notre économie se trouve déjà fragile. L’Etat tente tant bien que mal, avec une marge de manœuvre restreinte , de contrecarrer les ravages, survenus à la lumière de la Covid-19, en favorisant le développement économique et social. Néanmoins l’innovation et la prospection sont les grands absents de son approche.

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