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Algérie : Le marché noir représente 50% de l’activité économique

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Algérie – L’économiste chercheur et consultant international, Nadji Khaoua, a estimé, en s’appuyant sur des données officielles, publiés par des institutions qu’il dit connues et reconnues, que le secteur de l’informel compte à l’intérieur de ses frontières la moitié de notre activité économique.

Dans un entretien accordé au quotidien national El Watan, et en abordant dans une dimension fiscale appartenant à une approche englobante visant l’explication des inégalités sociales en Algérie, Nadji Khaoua, a été amené à évoquer les défaillances de la fiscalité algérienne, qui d’un côté impose au salarié, peu importe la manière avec laquelle finissent ses mois, des contributions dont il s’acquitte à la base, car automatiquement prélevées par son employeur public, et d’un autre côté tolère les fausses déclarations sur les revenus réels des travailleurs libéraux, et la soustraction totale aux impôts des différents acteurs clandestins, et animateurs du gigantesque marché noir algérien.

Dans la même optique, que l’économiste a affirmé qu’environ 50% de l’activité économique nationale, se situe dans le secteur de l’informel. Cela signifie que seulement la moitié du PIB qui s’élève à 190 milliards de dollars, est comptabilisée dans un cadre légal, alors que les 95 milliards restants échappent à toute traçabilité, comptabilité, ou fiscalité, car ils circulent dans les labyrinthes du marché parallèle. 

Pour le consultant international, que le secteur de l’informel atteint, en Algérie, une telle ampleur relève d’un échec sans pareil imputable aux gouvernements successifs, toutes idéologies confondues, au minimum depuis les années 80. Effectivement, une multitude de spécialistes et d’observateurs s’accordent à dire que ces milliards investis en Algérie clandestinement, et générant d’importants revenus dissimulés, bouffent l’économie nationale de l’intérieur.

Le marché noir et l’évasion fiscale saignent l’économie nationale

L’évasion fiscale, l’une des nombreuses réalités économiques, qui affaiblissent considérablement l’équilibre financier du Trésor Public, est amplifiée et maintenue par les activités du secteur de l’informel, dans lequel s’opère le contournement de toute soumission légale à l’impôt. Donc la lutte efficace contre l’évasion fiscale doit obligatoirement passer par la destruction de son hébergeur, à savoir le marché noir.

Rappelons à cet égard, la déclaration du professeur Guendouzi, le 24 février au quotidien national El Watan, qui insistait sur la nécessité de récupérer l’argent de l’informel, pour pouvoir donner une réelle relance à l’économie nationale, en assurant que cela est possible par l’engagement de réformes structurelles du système fiscal, et la réorganisation des taxes et des impositions.

Il est notamment utile de rappeler l’intervention du Sami Agli, patron du FCE, le 14 mars dans un entretien accordé à El Watan, qui, après avoir invité l’Etat à combattre l’informel et la bureaucratie, a préconisé, dans une démarche d’encouragement des acteurs économiques, la révision des charges fiscales, en prenant en compte le caractère particulier que devrait revêtir celles imposées aux entreprises au bord de la faillite.

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